Les enfants du silence

I

l fut un temps où Rosa n’était qu’une jeune fille dans une famille pauvre,

I

l fut un temps où Rosa

n’était qu’une jeune fille dans une famille pauvre, soumise au joug des métayers.

soumise au joug des métayers.

Le travail y était harassant, la faim toujours proche, et les humiliations quotidiennes.

Les hommes, surtout ceux d’en haut, profitaient du silence et de la peur.

On savait ce qui se passait, mais on ne disait rien.

 

Un matin, l’un de ces hommes s’approcha d’elle.

Il avait déjà laissé entendre ce qu’il voulait. Ce jour-là, il tenta de la forcer.

Mais Rosa avait en main l’aiguillon pour mener les vaches. Elle le brandit sans trembler. Et c’est ainsi qu’elle parvint à lui échapper.

Toutes n’avaient pas eu cette chance.

 

Un jour, Rosa et sa mère sentirent une odeur insoutenable s’échapper du vieux four.

À l’intérieur, recroquevillé dans les cendres, elles découvrirent un tout petit corps. Celui d’un nouveau-né.

Quelqu’un, acculée, s’en était débarrassée.

Des années passèrent. Rosa avait fondé une famille.

Elle travaillait dur, tout en élevant ses enfants.

Elle passait ses journées au sous-sol d’une grande maison, dans une blanchisserie pleine de vapeur et de linge humide. C’était un monde souterrain, fait de rythme et d’épuisement.

Un jour, un son inattendu coupa la cadence des machines.

Un cri faible. Presque noyé.

Il venait de l’une des canalisations.

Avec d’autres femmes, elle réussit à libérer un nouveau-né.

Quelqu’un, incapable ou terrifiée, avait voulu s’en débarrasser.

 

Rosa, sans poser de question, le prit dans ses bras.

Elle l’essuya, le réchauffa.

Elle qui allaitait encore l’un de ses enfants, offrit aussi son lait à celui-là.

Il vécut.

Mais nul ne sut ce qu’il devint.

 

Ces histoires ne doivent pas accuser celles qui ont fui, celles qui ont cédé, ou même celles qui ont abandonné. Elles étaient seules, sans choix, sans armes.

Dans un monde où les hommes commandaient. Un monde où les femmes, trop souvent, n’étaient que des corps à faire taire.

Aujourd’hui encore, il n’est pas simple d’être femme.

Mais il ne faut jamais oublier le chemin que certaines ont tracé.

Elles ont tenu, ont souffert, ont résisté, pour que nous puissions vivre un peu plus libres.

Et d’autres encore se battent, chaque jour, pour que cette liberté continue d’avancer.

 

 

Il est des tragédies que seules les femmes portent.

Mais il est aussi des forces qu’elles seules savent transmettre.

(Inspiré d'une histoire vraie)


Merci de faire partie de cette aventure littéraire.

Laura Berthil, auteure de récits imaginaires.

Retrouvez mes romans sur Amazon

et sur Cordes de Lune

Mon monde vous intrigue ?

Entrez, les mots feront le reste.

© 2025-2026 Laura Berthil – Tous droits réservés

Créé avec ©systeme.io. Icons by icons8