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Elle avait faim. L’endroit où elle avait élu domicile était difficile d’accès, poussiéreux, et les petits insectes s’y aventuraient rarement. Tapie dans l’ombre, elle restait pourtant immobile. Elle avait cruellement besoin de se nourrir, mais la lumière et l’agitation l’empêchaient de prendre le risque de s’aventurer hors de sa cachette. Alors elle attendit. Elle attendit que les mouvements cessent, que le noir et le silence reviennent.
Au bout de longues minutes, sa patience fut enfin récompensée : les tremblements du sol cessèrent. L’air redevint lourd et tiède.
Elle quitta enfin sa toile et remonta le long du meuble. Ses pattes velues laissèrent d’infimes traces dans la poussière. Elle traversa l’étagère, slalomant entre les livres et les CD. Arrivée au bord du meuble, elle sécréta de la soie qui se solidifia presque instantanément au contact de l’air. Reliée à ce mince fil comme à sa vie, l’araignée descendit lentement.
Consciente du danger lorsqu’elle était au sol, elle avança le plus rapidement que ses huit pattes le lui permettaient. La distance, infinie à son échelle, paraissait effrayante. Elle remonta rapidement le long d’un autre meuble pour se mettre en sécurité. C’est là qu’elle perçut les vibrations.
La Tegenaria Domestica s’immobilisa. L’air frémit à nouveau. Quelque chose battait des ailes, tout près. Oubliant un instant qu’elle n’était qu’un point minuscule dans cet espace démesuré, elle retrouva son instinct de prédatrice. Sa proie n’était pas loin.
Elle monta le long de la lampe, posa prudemment une patte sur l’ampoule refroidie, puis atteignit le bord de l’abat-jour. Le papillon de nuit était là. Si d’habitude elle préférait attendre que les insectes s’emmêlent dans sa toile, il ne lui était pas si rare de les attaquer par surprise.
Silencieusement, comme elle savait si bien le faire, la Tegenaria s’approcha de sa proie. Elle n’avait plus que quelques centimètres à franchir. Bientôt, elle le mordrait et le trainerait à sa cachette où elle lui injecterait une enzyme. Lorsque le corps de l’insecte se serait ramolli, elle pourrait enfin le dévorer.
Elle se dressa de toute sa longueur, tendit lentement les pattes. Et la lumière la frappa comme une bourrasque.
Étourdie et désorientée, l’araignée oublia de se mettre à couvert. Immobile, elle crut d’abord avoir échappé au pire. Un changement brutal dans l’air la prévint. Elle sentit la gigantesque créature approcher, puis le sol vibrer sous un hurlement.
— Maman ! Mamaaaaaaaan !
— Laetitia, cesse de crier !
Maman arriva en trombe dans la chambre. La fillette, une main sur les yeux, montrait d’un doigt tremblant la minuscule créature.
— Tout ce raffut pour une si petite bestiole ?
— J’aime pas les insectes, répliqua Laetitia de sa voix aigüe.
— Alors ça tombe bien.
Maman retira sa pantoufle et frappa d’un coup sec le petit arachnide.
— Les araignées ne sont pas des insectes, termina-t-elle.
Le corps inerte de la Tegenaria tomba au sol, les pattes recroquevillées. Maman l’attrapa du bout des doigts et jeta son cadavre par la fenêtre.
Une fois débarrassée de la créature de ses cauchemars, Laetitia consentit enfin à se glisser sous les draps.
— Et s’il y en avait d’autres ?
Maman borda tendrement la fillette.
— Mais non, il n’y a rien là-dessous. Et puis tu sais, elles ne te feraient rien. Elles ont plus peur de toi que l’inverse.
— Ça m’étonnerait. Elles sont trop moches !
— Tu dis des bêtises. C’est bon signe d’en croiser une maintenant. « Araignée du soir…
— … Espoir », compléta-t-elle sans entrain. Mais et si elles se cachaient sous mon lit ? Et si ses copines venaient se venger pendant que je dors ?
Une pointe d’agacement dans la voix, Maman soupira.
— Laetitia, tu vas avoir huit ans. Tu es trop grande pour avoir peur d’une chose aussi minuscule.
Maman déposa un baiser sur son front avant de poursuivre.
— Et puis, quoi qu’il arrive, ce n’est pas la petite bête qui mangera la grosse. Garde bien ça en tête.
— Mais…
— Il est l’heure de dormir, maintenant. Ton frère est déjà couché et tu devrais en faire autant. Il y a école demain.
— D’aaaccooord, soupira la fillette.
— Bonne nuit, mon cœur.
— Bonne nuit, maman.
Maman laissa la porte entrouverte et alluma la lumière du couloir avant de s’éclipser. La petite fille, longtemps hantée par l’image de la terrible araignée, ne trouva pas le sommeil immédiatement. Elle finit par sombrer dans des songes oubliables sans même s’en rendre compte, inconsciente que son univers tout entier s’apprêtait à voler en éclats.
Après un rapide petit déjeuner, Maman accompagna Laetitia et Adam, son petit frère, jusqu’à l’école. Lorsqu’ils arrivèrent, le portail venait d’ouvrir et une vague d’écoliers s’y engouffrait déjà. Comme tous les matins, Maman embrassa tour à tour ses enfants.
— Veille sur ton frère, dit-elle en fermant le gilet de Laetitia.
Maman resta plantée là un instant, jusqu’à ce qu’ils aient franchi le portail. Trop pressés de profiter de la récréation, Adam et Laetitia ne se retournèrent pas et coururent pour retrouver leurs copains.
La sonnerie retentit bien trop tôt au goût de la fillette. En pleine partie de loup glacé avec ses amis, elle râla et rejoignit l’entrée de sa classe, son lourd cartable jeté sur une épaule. La maîtresse ne mit pas longtemps avant de les faire entrer.
En rang organisé, les enfants accrochèrent leurs vestes aux porte-manteaux et entrèrent dans la salle de classe. Ils déposèrent leurs cartables au pied de leurs chaises et sortirent les cahiers et les livres qu’ils contenaient.
Ce matin-là, Laetitia fut désignée pour écrire la date au tableau. Quelques camarades participèrent pour compléter le rituel avant que la maîtresse ne poursuive le programme établi.
Sur l’écran interactif, elle diffusa un court texte et interrogea quelques élèves. La classe répondit à quelques questions durant de longues minutes. Puis les enfants sortirent leurs ardoises et la maîtresse commença l’exercice de calcul mental.
Quand enfin la cloche sonna l’heure de la récréation, Laetitia et les autres se ruèrent à l’extérieur. Leurs cerveaux d’enfants avaient besoin d’extérioriser tout ce qu’ils venaient déjà d’assimiler.
La fillette, avec quelques copains, profita que l’un d’eux eût ramené son ballon pour se lancer dans un match. Les enfants se mirent à courir. Les joues rougies, les cœurs battant à tout rompre, les coiffures se défaisant, les filles comme les garçons mirent leur âme entière dans cette partie.
Ravie d’être dans l’équipe de sa meilleure amie, elle réceptionna la balle et courut vers les buts. De la pointe de sa ballerine, elle frappa de toutes ses forces et hurla de joie lorsque le ballon passa entre les jambes du gardien adverse.
Les bras levés au-dessus de la tête, elle resta tétanisée lorsque la sirène d’alerte du village retentit. D’ordinaire, elle n’était testée que le premier mercredi de chaque mois. Ils avaient école, quelqu’un avait dû se tromper.
Rapidement, des vrombissements emplirent l’air et firent gronder le ciel. Lorsque les premiers grondements firent trembler le sol, tous les jeux s’interrompirent dans la cour de récréation. Les enfants scrutèrent les nuages. Des dizaines d’énormes avions avançaient, loin au-dessus d’eux.
Une odeur de soufre monta lentement, puis les sirènes de pompiers leur parvinrent. Les professeurs tentèrent de rassembler les écoliers, déçus. La récréation n’était pas encore terminée.
Décelant un brin de panique dans la voix de sa maîtresse, Laetitia rejoignit ses camarades, déjà en rang. Un bruit sourd venu du fin fond du monde lui serra le cœur et elle pressa ses mains sur ses oreilles. Le sifflement strident lui parvint pourtant. Elle sentit le souffle ardent de l’explosion avant de la voir.
La cantine, non loin, gonfla comme un ballon et éclata dans d’immenses gerbes de flammes. Les enfants qui ne furent pas soufflés par l’explosion se jetèrent à terre, mus par un instinct indescriptible.
Les hurlements vrillaient l’air, mêlés au grondement sourd de la terre qui tremblait sous eux. Laetitia, les yeux brouillés de larmes, recula en rampant jusqu’au mur. Bousculée, piétinée, elle serra son genou blessé contre elle. La douleur monta, brutale, mais plus encore la peur. Elle avait besoin de Maman.
À son souvenir, elle entendit à nouveau ses paroles. Elle devait veiller sur son petit frère. Prenant son courage à deux mains, Laetitia se releva, épousseta sa jupe et observa la cour de l’école. Tout n’était plus que chaos. Des enfants fuyaient en hurlant, d'autres, recroquevillés, restaient immobiles au milieu du vacarme. Les adultes couraient de tous côtés, tentant d’arracher quelques mains minuscules à la panique. Plus aucun ordre, plus aucune consigne. Juste la peur brute.
Plus loin, la cantine brûlait toujours. Malgré les sirènes qu’on entendait par-dessus ce vacarme, les pompiers n’étaient pas encore là.
Malgré la douleur dans son genou, la fillette rejoignit en boitillant la salle de classe de son petit frère. Quand elle vit la tête blonde d’Adam, elle hurla son nom. Son cri lui irrita la gorge et la fumée pénétra violemment dans ses poumons. Mais son frère ne se retourna pas. Accroupi sous une fenêtre, il fixait la cohue en se bouchant les oreilles.
Sa sœur aînée le tira par le bras. Les larmes jaillirent aussitôt dans ses yeux quand il la reconnut. Laetitia pressa fort son petit frère contre elle. Ses paroles rassurantes furent englouties par le fracas de leurs camarades paniqués.
Ils restèrent l’un contre l’autre de longues secondes, le souffle court et leurs cœurs battant la chamade. Les enfants tremblaient, incapables de comprendre ce qui se déroulait autour d’eux. Des élèves couraient vers le portail, désormais ouvert. Les professeurs agitaient les bras pour les encourager à aller encore plus vite. D’autres enfants, pourtant, restaient au sol, immobiles. Et les flammes continuaient de dévorer la cantine.
Dans son désir de suivre les autres, comme on le lui avait toujours appris, Laetitia enfouit la main d’Adam dans la sienne et boita jusqu’au portail. Là, les pompiers et la police retenaient les enfants en hurlant. La fillette se mit à trembler. Son frère pleura à nouveau.
Le ciel se déchira encore dans un bruit strident. Le sol vibra lourdement. Les cris redoublèrent d’intensité.
La petite fille serra Adam contre son cœur. Ils avaient besoin de Maman.
La maison n’était pas loin. Laetitia tourna le dos à l’école et entraîna son frère le long de la rue. Des adultes couraient vers l’école en les bousculant.
La fillette se fraya un chemin au milieu de la panique. Elle connaissait la route par cœur. Cela faisait des années qu’elle l’empruntait avec Maman.
L’adrénaline lui fit oublier son genou blessé et elle avança d’un pas rapide. Adam pleurait toujours. Elle n’avait plus la force de le rassurer. Lorsqu’elle ouvrait la bouche, les larmes lui brisaient la voix.
Le long de leur route, des camions de pompiers hurlaient, des voitures de police fendaient les rues à toute allure. Au-dessus d’eux, les pales lourdes des hélicoptères battaient l’air, noyant la ville sous un fracas de métal et de sirènes.
Des tas de gens passaient près d’eux sans les voir. Du côté de l’école, plusieurs colonnes de fumée noire montaient jusqu’au ciel. Laetitia cessa de se retourner et avança plus rapidement encore.
Elle veilla à bien regarder de chaque côté de la rue avant de traverser, comme le lui répétait sans cesse Maman. Elle traversa avec prudence le parking du magasin en longeant bien le mur. Ici, les gens roulaient encore plus vite que d’habitude et elle dut redoubler de vigilance.
A mesure qu’ils s’éloignaient du cœur du village, le flot de sirènes, de cris et de pleurs se faisait moins intense. Un camion passa près d’eux mais la voix, dans le mégaphone, hurla quelque chose qu’ils ne comprirent pas.
Quand ils arrivèrent enfin à l’entrée du lotissement, leurs épaules se détendirent. Ici, la rue était déserte. Les sirènes, au loin, étaient étouffées par les aboiements de quelques chiens du quartier. Ravis d’être enfin arrivés, ils coururent jusqu’à la maison.
Laetitia sonna une première fois, puis une autre. Comme personne ne répondit, elle ouvrit le portillon. Ce dernier n’était pas verrouillé. Maman avait dû oublier de le fermer.
Ils traversèrent en quelques enjambées l’avant du jardin et gravirent d’un saut les quatre marches du perron. Le sang de la fillette se glaça : la porte était restée entrouverte. Son frère s’y engouffra sans réfléchir.
— Maman ! appela Adam. Maman, c’est nous !
Sa sœur l’imita. Elle ouvrit toutes les portes, entra dans toutes les pièces en appelant Maman. Personne ne lui répondit. Elle scruta le vide-poche, sur le meuble de l’entrée. Seules les clés de la voiture avaient disparu. Le sac de Maman, lui, était toujours là. La télévision était même restée allumée.
— Peut-être qu’elle est aux courses ? hasarda Adam.
Laetitia sentit son cœur se serrer. Maman n’aurait jamais laissé la maison ainsi ouverte. Elle aurait forcément pris son sac à main si elle était réellement sortie faire des emplettes.
Trois bips retentirent depuis le salon, puis un son strident s’échappa du téléviseur. Les enfants s’en approchèrent et Laetitia chercha la télécommande sur la table basse. Elle s’apprêtait à éteindre lorsque l’alarme cessa et qu’une voix neutre, grave et posée, s’adressa à eux :
— « Ceci est un message officiel du ministère de l’Intérieur. Une attaque de grande ampleur est en cours sur le territoire français. Consignes immédiates : Restez à l’abri. Evitez tout déplacement. Tenez-vous informés via les médias officiels. N’encombrez pas les lignes d’urgences. De nouvelles instructions vous seront communiquées dès que possible. Restez calmes, protégez-vous, suivez les directives officielles. »
Sur l’écran, l’image n’avait pas changé. Elle affichait toujours un texte blanc sur fond bleu marine, celui-là même que la voix avait prononcé. Le logo que Laetitia avait étudié à l’école figurait dans un coin en bas. Il représentait la Marianne dans le drapeau tricolore. Tout en haut, un bandeau rouge affichait ces mots : « ALERTE NATIONALE – RESTEZ CHEZ-VOUS – SUIVEZ LES CONSIGNES OFFICIELLES ».
La panique lui comprima le cœur. Et si Maman n’avait pas respecté ces règles ? Et si elle était allée les chercher à l’école ?
Laetitia ouvrit la porte de la cuisine et fit le tour du jardin en courant et en hurlant le nom de Maman. Elle regarda dans l’abri à outils de Papa, elle jeta un œil à l’entrée du vide sanitaire. Adam et elle étaient seuls.
Une vague d’angoisse fit enfler sa gorge et les larmes lui piquèrent les yeux. Elle les essuya de ses mains sales et appela Maman encore une fois. En vain. Elle pressa ses poings sur ses yeux, dépitée. La terre semblait se mettre à vibrer, comme si elle cherchait à se dérober sous elle. Quand elle sentit Adam s’agripper à son bras, elle retira ses mains. En l’absence de Maman, elle devait veiller sur son frère, comme on le lui avait toujours appris.
Le petit garçon, les yeux écarquillés, fixait le ciel, les lèvres tremblantes. La fillette suivit son regard et son souffle resta coincé dans sa gorge.
Une immense tige brunâtre hérissée de longs poils s’approchait d’eux. Elle s’abattit avec lourdeur et le sol sembla vibrer un instant. Ce « poteau », presque aussi épais que le tronc du palmier face à eux, sembla s’étirer, s’allonger. Lentement, implacablement, une gigantesque ombre recouvrit le jardin et la maison. Les enfants, les yeux rivés sur ce qui approchait, étaient tétanisés par la peur.
Le monde sembla suspendre son souffle. Plus de vent, plus de cris, plus de sirènes. Rien qu’un silence opaque, si dense qu’il paraissait coller à la peau. Dans cet étouffement étrange résonnait seulement un cliquetis sec. À chacun des pas de la créature, la terre vibrait à peine, émettant un craquement sourd qui semblait venir de très loin.
La patte énorme, plantée dans la terre meuble, près du potager de Maman, sortait d’un corps titanesque. Perché à vingt mètres d’eux, une énorme araignée avançait lentement sans même leur prêter attention.
Outre sa taille monumentale, le corps vu de dessous était encore plus terrifiant.
Son ventre, immense et bombé, semblait constellé de plaques sombres et de filaments vibrants. Les articulations, luisantes comme du métal noirci, craquaient doucement à chacun de ses mouvements. D’innombrables poils drapaient son abdomen, capturant les moindres poussières de lumière. Entre ses pattes puissantes, on distinguait l'amas informe de sa gueule, où deux crochets, effilés comme des aiguilles, se déployaient par instants, tâtant l’air à la recherche d’une proie invisible.
Une odeur âcre, étrange, portée par le vent, leur parvint soudain. Un mélange de terre retournée, de métal et de peur.
Laetitia serra la main de son petit frère, et Adam se blottit contre sa sœur sans lâcher la Tegenaria géante des yeux. On leur avait appris que la petite bête ne mangeait jamais la grosse. Aujourd’hui, les rôles se trouvaient inversés. Ils étaient désormais les proies. Et leur prédatrice était plus terrifiante que tout ce qu’ils avaient pu imaginer.
Au fur et à mesure que leurs corps se faisaient plus petits, le jardin tout entier devenait une étendue d’un monde sans fin. La maison, engloutie par l’ombre massive de la créature, semblait à présent insignifiante.
De tous les côtés, des colonnes de fumée noire s’élevaient vers le ciel.
Et partout, avançant lentement entre les ruines, les immenses Tegenaria déployaient leurs longues pattes poilues, insensibles au chaos qu’elles laissaient derrière elles.
Le ciel d’automne, éclatant de lumière quelques heures plus tôt, était désormais masqué par un voile de cendres et de poussière.
Le monde avait changé.
Et il n'appartenait plus aux hommes.
⸺ 𝒻𝒾𝓃 ⸺
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Laura Berthil, auteure de récits.
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